Contrairement à la constitution française, la Constitution italienne de 1947 ne mentionne pas explicitement la laïcité. Ce principe a toutefois été reconnu par la Cour constitutionnelle comme un fondement essentiel de l’ordre juridique, découlant de plusieurs dispositions constitutionnelles en matière d’égalité et de liberté religieuse.
Né en réaction à l’expérience du fascisme, qui avait restreint les libertés religieuses et accordé une place dominante à la confession catholique, ce modèle repose sur une conception originale de la laïcité fondée sur le pluralisme religieux plutôt que sur une neutralité stricte. Cette conception se heurte néanmoins à la persistance de règles et de pratiques qui accordent une place particulière à la religion majoritaire, révélant ainsi les tensions et les équilibres fragiles du modèle italien de laïcité.
Anna Maria Lecis Cocco Ortu est Maîtresse de conférences en Droit public à Sciences Po Bordeaux, où elle assure des enseignements en droit constitutionnel français et comparé, institutions administratives, constitutions et genre. Ses recherches portent principalement sur le système constitutionnel italien ainsi que sur la justice constitutionnelle et la protection des droits, en France et en perspective comparée, avec une attention particulière pour les techniques interprétatives, pour les litiges stratégiques et pour les relations que les cours constitutionnelles entretiennent avec les autres institutions et avec la société.







